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    “Tu te souviens du chant des dunes ?


    Ce livre est le récit d'un de mes voyages à pied dans le désert. 

    J'ai choisi un stylé épuré avec des blancs et des silences entre les images pour laisser l'espace que l'on peut trouver entre deux rencontres sahariennes.

    Des illustrations réalisées à partir de mes photos viennent ponctuer le récit.

    Le chant des dunes

     

    Le chant des dunes

     

    Le chant des dunes

    Le chant des dunes

    Le chant des dunes

     

    110 pages - Editions du Naduel  - ISBN : 978-2-9538580-0-6



  • Exode

    Exode 


    Edition originale de 5 textes de Chantal Bossard
    gravés et illustrés sur linoléum par Marc Granier
    accompagnés de 5 gravures au carborundum.

    Imprimé à 21 exemplaires
    sur une presse à bras en novembre 2007.
    Edition Les Monteils à Roquedur (Cévennes).

     


     

     

     

     

    extrait :

    Les chemins de l'exode

    Juste un caillou noir dans une plaine hostile
    une femme est assise, l'enfant sur ses genoux
    son visage a cent ans, de soif et de morsures
    des feux du soleil et des aiguilles du vent.

    Des mondes rugissant aux frontières du désert
    les hommes sont venus d'une terre lointaine.
    Irrémédiablement ils fuient la fureur du néant
    et leurs ombres vacillent dans la lutte sauvage.

    L'enfant a les yeux sombres comme ceux de ses pairs
    ils ont cette douleur de la peur qui consume
    et l'écho des souffrances glisse sur le temps.
    Depuis longtemps la pierre a avalé ses larmes.

    Juste un caillou noir brûlé par les enfers
    elle reste là assise, ignorée des étoiles
    à la recherche encore des lueurs disparues.
    Dans les yeux de l'enfant, l'étendue de son âme. 

     



  •  Derrière les murs de la cinquième maison

    Edition originale d'un conte caraïbe de Chantal Bossard enrichi de quatorze linogravures de Marc Granier. 

    Achevé d'imprimer en plomb mobile Univers corps 16 sur les presses artisanales de l'atelier des Monteils à Roquedur (Cévennes) le 19 septembre 2013. Les 51 exemplaires sur simili Japon 80 gr sont numérotés et signés.

    On peut lire le texte de ce livre à la suite des photos en bas de la page. 

    Derrière les murs…

    Derrière les murs…

    Derrière les murs…

    Derrière les murs…

    Derrière les murs…

    Derrière les murs…

    “Derrière les murs de la cinquième maison

    C’était un caillou qui émergeait de l’océan, un pays qui n’en était pas un, une cité échouée dans les brises tièdes, à quelques encablures au sud de San Salvador. Libertad regardait descendre la nuit sur la ligne invisible du tropique du Cancer. 

    L’autre, il était arrivé sur le grand bateau. C’était il y a deux jours, c’était peut-être trois. Elle ne sait plus. Elle, elle était sur sa yole fragile, la barque où, petite déjà, elle aimait à aller danser sur les vagues.

    Il s’appelait Paolo. Elle s’appelait Josepha. 

    Dans la lumière mauve du crépuscule, il l’a suivie derrière les murs délavés de la cinquième maison. Il a posé ses doigts sur la peau brune de Josepha. Il lui a dit qu’il retrouvait ses mains. Au-delà des morsures du vent salé, sa chair meurtrie frôlait la chaleur douce de Josepha, et reprenait vie. Ils ont mêlé leurs mains, leur peau, leurs rêves. Toute la nuit, ainsi, sans hâte, sans mots et sans espoir. Il était déjà parti quand elle est sortie au matin. Elle avait les yeux encore tout emplis de sommeil.

    Et puis le soir d’après la première nuit, d’après le jour qui suivit, elle est allée, Josepha, traîner un peu sur le bois rongé des pontons. Elle avançait en posant ses pas sur les empreintes humides d’un autre. Elle s’amusait de la démesure entre ses pieds, et les marques larges qui commençaient maintenant à s’estomper. Le bateau était là, exsangue de toute vie. Elle s’est assise sur le ponton. Elle a perdu ses yeux dans le bois des mâtures, dans les replis des voiles. Plus tard, elle s’est levée pour aller le chercher dans les baraques à rhum.

    Au plus profond de la pièce, il était là. Elle s’est assise en face de lui. Il ne disait rien ou presque. Elle guettait sur sa bouche, sur ses yeux, juste un signe. Il était là, devant elle. Les autres dans la lueur vacillante des lumignons, des hommes, des femmes réunis par des brassées de rires fleuris. A la nuit close, ils sont partis encore, chercher l’oubli derrière les murs délavés de la cinquième maison. 

    Maintenant, c’est le matin, un autre matin. Paolo marche dans les rais de lumière. Josepha est étendue dans la moiteur des draps. Il sait qu’elle est éveillée. Il vient s’asseoir juste au bord du lit. Josepha regarde sa nuque. Il tourne un peu la tête, juste un peu. Les yeux fixés sur les lames du plancher, il dit : “soyons libres, veux-tu”. Elle oublie, Josepha, de demander : “il faut être libre de quoi”. Elle n’imagine pas ce que le mot veut dire à Paolo.

    De la vie de Josepha, il n’y a qu’une succession d’impressions désordonnées. Elle voyage dans cette citée. Elle va, elle vient, sans cesse et sans but. Ivre de soleil. Et quand la terre lui brûle les pieds, elle part sur l’océan, ramer des heures durant, seule et maître à bord sur sa yole. Elle n’a pas de père Josepha, elle n’a pas de mère non plus. Ils étaient là il y a longtemps, puis ils sont partis, emportés par les rires du vent.

    Il est parti aussi Paolo. Josepha reste avec les mots. Elle garde juste cette chose échappée des lèvres de Paolo, soyons libres. Il ne lui reste plus que ces deux mots qu’elle retourne et dont elle cherche toutes les conjugaisons. Elle aimerait lui dire maintenant qu’il ne fallait pas qu’il eût peur, que jamais elle n’aurait voulu entraver ses pas, que jamais elle ne l’aurait bousculé.

    Elle aimerait lui dire aussi, que simplement elle respire, lui dire qu’elle aime, qu’elle la veut, elle aussi, sa liberté. Qu’elle a longtemps couru à sa recherche, qu’elle l’avait trouvée une fois, que les autres n’avaient pas voulu, qu’ils la lui avaient arrachée, brisée, déchiquetée, piétinée. Alors, elle avait fait semblant de suivre comme les autres, avec, cachée à l’intérieur une envie de mordre, de fauve blessé.

    Elle aimerait lui dire que, si c’est ce qu’il désire, elle apprendrait à taire ses élans d’aimante. Qu’elle attendrait. Qu’il hanterait ses nuits pourtant. Qu’elle apprendrait l’équilibre entre ne pas le perdre dans l’oubli et ne pas non plus lui laisser trop de place, afin de n’être jamais triste du froid laissé par cet espace vide.

    Ce soir, il n’est plus là. Josepha court dans les rues de Libertad, elle court derrière son ombre, s’amuse de ses longueurs. A présent le soleil est bas, juste derrière elle. Elle s’est jetée dans les rues, dans la foule. La masse humaine se distend comme une nuée d’oiseaux, se resserre, s’agglutine d’un seul mouvement, d’un même élan, et Josepha vient se coller à son peuple, elle vient diluer les lambeaux de ses rêves dans les yeux embués des pêcheurs. Elle danse Josepha, dans l’air brûlant des bras de la cité. 

    Seules, à cette heure, quelques lanternes éclairent à peine. Une vieille femme est assise dans un pinceau de lumière. 

    Josepha heurte dans sa ronde le pied de la vieille. Elle baisse les yeux. Dans le nuage de poussière soulevée, elle devine les lignes folles du tatouage qui enserre les pieds osseux. Josepha parcourt le corps usé, jusqu’au visage. Et c’est une autre ligne qui l’arrête. Une cicatrice fine barre la joue, sillon vertical né de la paupière inférieure pour se perdre dans les maigreurs du cou. La vieille se lève, toute de noirceur fébrile. Juste un œil, à peine posé sur Josepha, elle tourne le dos et s’éloigne dans une claudication douloureuse. Josepha suit la femme, regarde les pieds noirs. A chaque pas, la jambe semble suspendue, tremblante, un très bref instant. Se pose durement, puis c’est l’autre jambe, qui tremble ainsi dans l’espace, avant de se poser. Ainsi à chaque pas.

    Elles marchent, l’une derrière l’autre, en silence, jusqu’à la neuvième maison. La femme fait entrer Josepha. Des lézards affolés courent sur les murs cloqués. Un fatras d’épaves rouillées, de parapluies noirs, béants, exhibant leurs toiles écorchées, dans des odeurs fortes d’épices et de rhum. L’océan est là, juste de l’autre côté de la cloison de tôle.

    Elle parle, elle parle, la vieille femme. Josepha ne saisit pas le sens des mots. Parfois, suspendue au milieu d’une phrase, elle semble reprendre son souffle, et c’est un autre rythme, acide. La voix monte, cherche dans les aigus, se perd dans une litanie, puis redescend, redécouvre les mots. Et Josepha toujours ne comprend pas. Elles sont assises, l’une en face de l’autre. Bercée par les mots, Josepha s’endort dans les bras noueux d’un vieux fauteuil. 

    Plus tard, bien plus tard, dans le labyrinthe des songes, elle voit la vieille femme traverser la cloison de tôle, marcher sur le sable. Elle s’avance vers l’océan de sa démarche branlante. Déjà les vagues lui enserrent les genoux, puis bientôt les hanches, absorbant les ondes de ses tremblements. La femme continue sa progression, les coudes relevés au niveau des épaules. Alors, ce sont les bras qui vacillent. Elle s’enfonce toujours. Seules, les mains apparaissent encore, agitées, dans un dernier spasme, au-dessus d’une mer de cendres. Un lamantin effleure la dernière vague. Puis le néant, avec juste l’envie de laisser à jamais courir le silence dans des éclosions de bougainvillées.”

     

    © Chantal Bossard



  • Les ombres de mes bois sacrés

    Le papier d'un vieux registre de commerçant, de la toile épaisse, un peu de madras, du papier de soie, des plumes, un cordon de laine, un vieil anneau de fer, un autre de laiton et de la ficelle de chanvre teintée de rouge.


    On peut lire le texte de ce petit livre à la suite des photos 
    en bas de la page. 








     


    Les ombres de mes bois sacrés

    Rappelle toi cette danse animale. Je te l’avais chanté un soir. Il faisait doux encore malgré les pluies diluviennes. Tu n’as pas voulu. Tu n’as pas su comprendre. Rappelle toi les tams-tams transperçant la nuit. Et les voix graves des mâles se faufilant au travers des grands arbres. Rappelle toi comme tu ne voulais pas les entendre. Je te prenais la main. Je ne te voulais aucun mal. Les bêtes grognaient dans les buissons.

    Toi tu pensais seulement à me coucher sur les tapis de mousse gonflés d’eau. Tu voulais seulement mêler ton corps brûlant au mien. Ce n’était pas le moment. Je te le donnerai ce cadeau. Prends patience. Je te le donnerai un jour. Mais avant tu reviendras avec moi écouter l’obscurité de la forêt. Et cette fois tu comprendras. Je te le promets. Et tu danseras avec moi. Et je te guiderai. Et tu frapperas ton corps à la fougue de la nuit. Et tes mains palperont les ténèbres. Et tu les sentiras les esprits. Et pour toi alors, rien ne sera plus jamais pareil.

    Ce matin, je suis allée remplir ma jarre au marigot. J’ai bravé l’interdiction de la grande prêtresse. Pour la première fois, je n’ai pas brouillé l’eau de ma main et je me suis regardée dans la surface lisse. La poudre de kaolin se défaisait sur mon visage. Les larmes de la veille avaient laissé les traces de leurs ruisseaux. J’avais les cheveux en cascades broussailleuses. Les fleurs de ma robe étaient fanées. 

    Pourtant je ressens encore les douceurs de l’enfance. Je perçois toujours les échos de mes rires de petite fille. Je retrouve l’ivresse des cérémonies lorsque je tourbillonnais sous les pluies de la nuit. Et les tissus de ma robe se vrillaient sur mes chevilles. J’étais une toupie vivante. Et je riais... Je riais...

    Maintenant, je sens juste cette douleur lancinante au-dessus de mon oreille. Cette nuit qui vient sera ma cérémonie. Je pars quelques heures cheminer seule dans les ténèbres. Je pars quelques heures deviner la forêt, chuchoter les rumeurs et appeler les génies. 

    Quand tous seront là, vous viendrez. Tu viendras toi aussi. Cette nuit qui arrive sera ma nuit. Et les morts parleront par ma bouche, et les serpents ondulants couleront de mes lèvres. Du sang des plantes aux racines pourrissantes, la forêt sera mienne.

    ...

    Tu es là. Tu es venu. Vois cette poule que je viens d’égorger. Vois comme elle expire, reposée sur le dos. Vois comme ses pattes raidies sont tendues vers le ciel. Vois comme son cœur bat encore sur la gerbe de brindilles. 

    Je suis confiante. Je sais que je ne suis pas une bonne disciple, mais viens avec moi dans l’interdit. Invite tes pères à frapper les tambours. Invite tes frères à la transe. Je veux avec moi ces jeunes mâles titubants aux ventres nus luisants de sueur. 

    Laisse-moi juste un peu de temps. Il me faut encore enduire mon visage de poudre blanche. Et mes mains. Et mes épaules. Il me faut en disperser sur les arbres et les buissons. Il le faut pour qu’ils restent mes alliés. Ces nuages pâles sont mes mercis et mes pardons pour tout ce que j’y ai prélevé.

    Ecoute maintenant la forêt mystérieuse. Ecoute avec moi comme elle est secouée de spasmes. Après cette nuit, tu n’auras plus jamais d’ennemis. Viens maintenant. Viens près de moi. Laisse-toi faire. Vois comme la terre est abreuvée. Vois les pourpres et les ombres de mes bois sacrés.

    N’ai crainte de rien. Je suis près de toi. Ecoute les forces des ténèbres. Sens-tu maintenant leurs lèvres retroussées. Sens-tu comme leurs dents sont acérées. Sens-tu leur halène tiède. Sens-tu gicler sur ta peau leur venin. 

    Offre tes chairs tendres, mon tendre. Et laisse-toi chavirer. Je suis avec toi. Ce sont mes mains qui fouillent la chaleur de tes entrailles. Sens-tu comme elles sont aimantes. Sens-tu comme elles te dévorent. Vois éclorent les fleurs de ta sève sur mes seins.

    Demain je te porterai au sanctuaire. Je t’ornerai de mes amulettes. Tu reposeras dans les bras de mes reliques. Les esprits veilleront. Plus tard, tu reviendras parler par mes lèvres. Ta voix rauque me guidera dans les sentiers de sacrifices. Je tremblerai sous ton emprise. Dis-moi, mon tendre, que tu sauras être doux pour ta jeune prêtresse. 

    L’arbre des révélations sera notre berceau. J’écouterai les chorales de grillons. J’écouterai les crapauds du marigot. Je lirai l’heure dans les couleurs de la lumière. Je serai à tous tes rendez-vous et il y aura à chaque fois un drap de poudre blanche pour recueillir nos sortilèges.

    ©chantal bossard

     



  • Une tong vagabonde

    Ce livre objet est réalisé à partir d'une vraie tong que j'ai découpée et ré-habillée pour y nicher un mini livre. La tong est recouverte de papier, ficelle de chanvre, graines. J'y ai calligraphié un texte en arabe racontant une scène de vie dans un oasis.

    Les pages de ce petit livre imprimé en un seul exemplaire sont cousues à la main. Le texte est une version antérieure de mon livre “tu te souviens du chant des dunes“. C'est sensiblement le même mais pas tout à fait dans sa version définitive. 

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    extraits :

    Ce midi, un léger carillon descend de l’acacia, une brise tranquille entrechoque les branches d’une manière désordonnée… puis plus rien, juste la chaleur qui nous écrase dans un bourdonnement d’insectes… 

    Marcher, regarder, écouter, marcher, sentir, boire, manger, marcher, dormir… rythme immuable des jours… 

    Cette nuit la température a baissé, je me réveille en sursaut, surprise par la fraîcheur soudaine sur mon visage… elle m’entoure tout entière… je me lève… fais quelques pas dans l’obscurité… allume une cigarette… m’éloigne dans les sables… fourmi noiraude, passagère clandestine… je me sens tellement de ce désert, de ces déserts… je reviens à mon campement, m’allonge pour rêver un peu… regarder le ciel… 

    Attendre le matin… et voir les couleurs de l’aube qui sont à chaque minute d’autres couleurs… il y a tant de couleurs… tant de lumières… tant de lignes douces… j’imagine déjà ce que je vais peindre à mon retour… je ressortirai mes bleus… turquoise, céruléum, indigo, hoggar, bleus caressants, bleus satins et transparents… aussi les ocres, les couleurs de feu, de crépuscules dorés, d’aurores boréales, d’incendie… 

    Maintenant c’est presque fini… j’ai dans mon sac, mon butin… dix-sept petits sachets de sable, deux ou trois morceaux de bois, une pince de scorpion, quelques cailloux, un œuf de vipère, une carapace vide de scarabée, quelques fragments de coquille d’œufs d’autruche, une poignée d’épines d’acacia, trois coquillages fossiles… j’ai mon bâton métronome entre les doigts… 

    J’ai tous ces mots qui se bousculent, toutes ces lignes recueillies… et si parfois elles te semblent empruntes de mélancolie, j’ai envie de m’en réjouir… c’est peut-être qu’alors, l’esprit de la poésie nomade m’a investie… la buqâ alalatlâl… l’absence qui se profile… le manque déjà… la nostalgie de ce qui n’est déjà plus… et la douce certitude que je reviendrai…

     

    ©chantal bossard

     


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    Prémonition

    Petit livre en accordéon abrité dans une boule réalisée avec un peu de papier mâché, quelques anneaux, un peu de ficelle de lin, une pierre noire sculptée trouvée un jour sur un étal de vide greniers, et un de mes poèmes.

    On peut lire le texte de ce petit livre à la suite des photos en bas de la page. 

    Prémonition

    Prémonition

    Prémonition

    Prémonition

     

    Prémonition

     


    Prémonition

     

    Je t’attends et je veille
    je t’appelle en silence
    de mirages en instance
    de frissons sous les vents

    tu es venu encore
    invité malgré toi
    retrouver les tréfonds
    des rêves de la nuit

    tu es venu encore
    tourbillon impatient
    reconstruire les songes
    par tes lignes pressenties

    l'absurde s’immisce
    aux images furtives
    se confond de supplices
    aux vertiges du temps

    et je traduis au matin
    les empreintes tendres
    des messages estompés
    dans les brumes du levant.”

     

    © chantal bossard

     

    Ce livre a disparu dans la boue lors de l'inondation qui a dévasté mon petit village le 17 septembre 2014.

     



  • Entendre tes murmures

    De la toile de lin, de la toile de jute, du papier,
    de la laine, du raphia,
    le texte imprimé sur le papier d'un vieux cahier
    et une mèche de mes cheveux…

    On peut lire le texte de ce petit livre à la suite des photos en bas de la page.

    Tes murmures

    Tes murmures

    Tes murmures

    Tes murmures

    Tes murmures

    Entendre tes murmures

    Tu chancelles en avançant vers le centre. Je sens ta peur, je la sens dans ma chair. Tu avances pourtant, drapée de ton orgueil. La tête droite, les yeux fixés vers les flammes. C'est plus fort que toi, je sais. Il faut toujours que tu les pousses dans leurs derniers retranchements. Je sais qu'il n'y a aucune haine en toi. Juste cette nature tellement farouche, pareil à un trésor qui se mérite. J'ai de la chance moi, tu ne m’as pas blessé.

    C'est comme d'approcher une bête sauvage. L’as tu déjà fait ? Quand tu parviens presque à l’atteindre, souviens toi. As-tu la moindre idée de celui qui est le plus effrayé des deux jusqu'à l’instant où tu la touches. C'est une magie incroyable, la vie au bout des doigts. Je l’ai ressenti en venant vers toi.

    Maintenant tu chancelles, et je voudrais te porter, t’enlever. Je sens ta peur, je la sens dans mon cœur. Et tu les maudis. Et tu avances pourtant. Ils sont là, tous, les femmes et les sages et l’heure ruisselle de tes larmes retenues. Ne cache jamais tes yeux. Garde le voile haut sur ton front. Reste fière, ma princesse. C'est toi qui est trop belle pour eux. Jamais ils ne violeront nos sentiments. 

    Je veux encore glisser mes doigts dans la douceur de tes nattes. Je veux encore entendre tes murmures. Tu sais, il me manquait cette respiration. Une éclipse dans ma nuit. J’ai cru tout oublier. Et tu me l'as soufflée depuis des jours et des jours. Sans cesse, tu es là. Et je te sens, et je vis.

     

    © chantal bossard



  • J'ai grandi au bord des vagues et je suis tombée très jeune en amour pour le sable, le sable de mes plages bretonnes tout d’abord avant d’aller en chercher de plus lointains. 

    C’est dans les sables du Sahara que je puise désormais mon inspiration pour la peinture et l’écriture où se mêlent la fascination pour les terres nues, le désert, le vide, la solitude et le silence.

    Guidée par cette passion, j'aime créer tout azimut, bijoux, livres d'artistes, peintures, photos, écriture, et sans doute d'autres choses encore...

     

    Après 20 ans passés dans les métiers de la publicité, ce sont mes voyages dans les sables puis une rencontre liée à l’écriture qui m'ont conduit dans les Cévennes où j'ai installé mon atelier depuis 2007.