• Une tong vagabonde


    Une tong vagabonde

    Ce livre objet est réalisé à partir d'une vraie tong que j'ai découpée et ré-habillée pour y nicher un mini livre. La tong est recouverte de papier, ficelle de chanvre, graines. J'y ai calligraphié un texte en arabe racontant une scène de vie dans un oasis.

    Les pages de ce petit livre imprimé en un seul exemplaire sont cousues à la main. Le texte est une version antérieure de mon livre “tu te souviens du chant des dunes“. C'est sensiblement le même mais pas tout à fait dans sa version définitive. 

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    Une tong vagabonde

    extraits :

    Ce midi, un léger carillon descend de l’acacia, une brise tranquille entrechoque les branches d’une manière désordonnée… puis plus rien, juste la chaleur qui nous écrase dans un bourdonnement d’insectes… 

    Marcher, regarder, écouter, marcher, sentir, boire, manger, marcher, dormir… rythme immuable des jours… 

    Cette nuit la température a baissé, je me réveille en sursaut, surprise par la fraîcheur soudaine sur mon visage… elle m’entoure tout entière… je me lève… fais quelques pas dans l’obscurité… allume une cigarette… m’éloigne dans les sables… fourmi noiraude, passagère clandestine… je me sens tellement de ce désert, de ces déserts… je reviens à mon campement, m’allonge pour rêver un peu… regarder le ciel… 

    Attendre le matin… et voir les couleurs de l’aube qui sont à chaque minute d’autres couleurs… il y a tant de couleurs… tant de lumières… tant de lignes douces… j’imagine déjà ce que je vais peindre à mon retour… je ressortirai mes bleus… turquoise, céruléum, indigo, hoggar, bleus caressants, bleus satins et transparents… aussi les ocres, les couleurs de feu, de crépuscules dorés, d’aurores boréales, d’incendie… 

    Maintenant c’est presque fini… j’ai dans mon sac, mon butin… dix-sept petits sachets de sable, deux ou trois morceaux de bois, une pince de scorpion, quelques cailloux, un œuf de vipère, une carapace vide de scarabée, quelques fragments de coquille d’œufs d’autruche, une poignée d’épines d’acacia, trois coquillages fossiles… j’ai mon bâton métronome entre les doigts… 

    J’ai tous ces mots qui se bousculent, toutes ces lignes recueillies… et si parfois elles te semblent empruntes de mélancolie, j’ai envie de m’en réjouir… c’est peut-être qu’alors, l’esprit de la poésie nomade m’a investie… la buqâ alalatlâl… l’absence qui se profile… le manque déjà… la nostalgie de ce qui n’est déjà plus… et la douce certitude que je reviendrai…

     

    ©chantal bossard

     


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